Archives

Rencontre CULTURE DE L’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES : HIER L’ATTRACTIVITÉ, ET DEMAIN ? le 27 septembre à Clermont-Ferrand

Attractivité et compétitivité sont devenues au tournant du siècle les maîtres mots d’une culture de l’aménagement qui s’est alignée sur la logique de marché. Dans l’économie monde, l’explosion des flux et le règne de la croissance, auxquels les territoires doivent contribuer, ceux-ci n’ont plus d’autres choix que d’attirer résidents, entreprises, investisseurs, créateurs, travailleurs pour sortir du lot et tirer leur épingle du jeu. Il faut capter les ressources humaines, financières, cognitives, culturelles pour se développer et créer de la richesse. C’est à l’aune de cette habileté, moyennant l’avènement de classements nationaux et internationaux mesurant leur performance et les distinguant, que se jauge la réussite des territoires.

En matière d’attractivité, où en est Clermont Métropole ? C’est la question traitée dans le cadre de la plateforme locale de Popsu Métropoles et dont les travaux seront mis en débat à l’occasion de cette rencontre. Pour élargir la perspective, d’autres productions issues du programme de recherche national et associant les agences d’urbanisme des réseaux FNAU et URBA4 seront également convoquées. Car l’attractivité, au moment où le changement global s’impose et souligne les excès d’un modèle de développement sans limite, semble peu à peu descendre de son piédestal. N’est-il pas temps de recomposer la culture de l’aménagement des territoires pour l’adapter à l’époque anthropocène, lutter contre les vulnérabilités qui s’affirment et inventer d’autres manières plus justes et écologiques de faire ville et territoire en privilégiant la qualité de vie, l’habitabilité, la résilience et l’hospitalité…

14h00 – L’attractivité de la métropole clermontoise, présentation des
résultats de la recherche menée dans le cadre de POPSU Métropoles

  • Jean-Charles Edouard, professeur de géographie, Université Clermont
    Auvergne et Hélène Mainet, professeure géographie et aménagement,
    Université Clermont Auvergne

14h45 – L’appréhension de l’attractivité dans les métropoles françaises

  • Nicolas Maisetti, directeur du programme Transitions, Plateforme
    d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU)
  • Xavier Desjardins, professeur d’urbanisme et d’aménagement de l’espace,
    Sorbonne Université et auteur de « La Métropole performative ?
    Échelles de la fabrique métropolitaine rouennaise »

15h15 – Vers un dépassement de l’attractivité comme premier principe
de l’aménagement des territoires : de l’attractivité à la Résilience et
à l’hospitalité, au bien-être et à l’habitabilité.

  • Magali Talandier, professeure en urbanisme et aménagement du
    territoire, Université Grenoble Alpes
  • Laurence Barthe, maître de conférences géographie et
    aménagement du territoire, Université de Toulouse-Jean-Jaurès
  • Jean-Yves Pineau, directeur Les Localos, Limoges

16h15 – Rafraîchissements

16h45 – Mise en perspective historique et culturelle

  • Pierre Cornu, professeur en histoire contemporaine et histoire des
    sciences, Université Clermont Auvergne
  • Stéphane Cordobes, directeur général de l’agence d’urbanisme
    Clermont Massif central

17h15 – Mise en perspective politique

  • Jean-Pierre Berger, 1er adjoint de la Ville de Saint Étienne et président de
    l’agence d’urbanisme Epures
  • Tony Bernard, Président de la communauté de communes Thiers Dore et
    Montagne
  • Grégory Bernard, conseiller métropolitain délégué et président de l’agence
    d’urbanisme Clermont Massif central
  • François Rage, 1er Vice-Président de Clermont Auvergne Métropole, en charge des Mobilités durables et président du SMTC

18h30 – Présentation officielle du programme de la 44ème Rencontre des agences d’urbanisme « No futures, no cultures, pas de réorientation écologique sans recomposition culturelle des territoires » et de la participation des acteurs locaux

  • Brigitte Bariol-Mathais, déléguée générale de la FNAU
  • Grégory Bernard, conseiller métropolitain délégué et président de l’AUCM

 

Urbanisme culturel : comment les arts et la culture transforment la fabrique de la ville

La culture pour redonner sens à la fabrique des villes et territoires

Comment œuvrer à la construction d’un sens commun générant l’envie de faire et de se projeter collectivement ? Nous voilà contraints de produire et partager de nouveaux récits, pleinement imprégnés des territoires et de ceux qui les vivent, les habitent et les façonnent, d’offrir la possibilité de penser des territoires et des espaces en prise avec l’existant et tout ce que ce dernier porte en lui : le visible, comme les bâtiments, les routes, les places, mais aussi l’invisible : les mémoires, les représentations, les espoirs, les imaginaires…

L’appréhension du sensible s’additionne aux vues des acteurs traditionnels de la fabrique urbaine, (aménageurs, urbanistes, paysagistes…). Si la planification reste un élément incontournable de la fabrique urbaine, il est essentiel de donner du sens à ces plans en les envisageant dans une vision globale. Il ne s’agit pas simplement d’actes techniques mais bien de créer des conditions d’émergence de la cité, portée par ses citoyens. Qui mieux que la culture pour accompagner l’établissement de ces récits partagés ?

L’urbanisme culturel : un art du questionnement par le sensible

L’urbanisme culturel place les arts et la culture comme producteurs de valeur en eux-mêmes dans la fabrique urbaine. Nous ne parlons pas ici d’embellissement de l’espace public avec des œuvres d’arts mais bien de transcendance des frontières traditionnelles entre l’art, la culture et l’urbanisme pour façonner de nouvelles réalités urbaines en interrogeant réciproquement le rôle de l’art et de la culture dans la fabrique urbaine, ainsi que l’impact de ville sur la création artistique et culturelle. Par l’urbanisme culturel, l’exploration d’une grande diversité de sujets tels que la place de la voiture en ville, la configuration de l’espace public, le devenir des friches, l’attractivité de la ville ou la rénovation d’un quartier est possible.

Toutefois, il s’agit surtout de questionner et mener ces transformations par le biais de modes opératoires plus exploratoires, à la recherche de nouveaux possibles visant à fabriquer « avec » et non pas « pour » et prenant pleinement en compte les dimensions sensibles qui traversent et structurent la ville. En travaillant sur le sensible, les mémoires, les désirs et les craintes, l’urbanisme culturel permet d’offrir une nouvelle perspective pour la fabrique urbaine, prenant en compte non seulement l’extraordinaire mais aussi l’ordinaire et l’infra-ordinaire qui confèrent à la ville sa nature complexe, profonde et mouvante.

La diversité des possibilités d’intervention

L’urbanisme culturel peut prendre des formes multiples et émaner de divers initiateurs. La société civile identifie ainsi une problématique présente sur un territoire donné, dans le cadre du dispositif des Nouveaux commanditaires [1] et passe commande auprès d’artistes pour la réalisation d’une œuvre destinée à répondre à la problématique identifiée. L’œuvre sera co-construite avec les habitants.

D’une manière bien différente, la culture participe à l’élaboration concrète d’une vision urbanistique à long terme via la requalification de lieux. Ce fût le cas à Lille avec la transformation d’un ancien centre de tri du courrier en espace culturel dédié à l’accueil d’évènements de natures variées aussi bien qu’à la création contemporaine in situ : le Tripostal [2]. À noter que ce type d’intervention de l’art dans la fabrique de la ville n’est pas réservée aux espaces urbains : le PNR du Vercors a souhaité penser le développement de son territoire à travers un projet participatif et pluridisciplinaire.

Le projet « Sur la place publique » [3], piloté par l’association De l’aire, a ainsi contribué à la révision du Plan Local d’Urbanisme de la commune de Saint-Jean en-Royans (3 100 habitants) en travaillant entre 2009 et 2012 sur ce territoire.

L’urbanisme culturel : une manière de dépasser les controverses

Dans le contexte de crise démocratique que nous connaissons, les politiques ne sont plus en mesure d’assurer la création de liens (aux autres, à soi, à son espace et à son territoire) nécessaires à l’investissement des citoyens dans la vie publique.  La panne des imaginaires, dominés par des dystopies décourageantes voire anxiogènes, impacte la capacité des personnes et des sociétés à construire un futur commun désirable. Par sa nature même, l’urbanisme génère souvent des situations propices aux tensions et aux conflits d’usage, c’est pourquoi les modes de fabrication de la ville doivent être profondément repensés.

En intégrant aux processus urbains l’existant d’un territoire, l’urbanisme culturel aborde la ville non seulement comme un espace physique, mais aussi comme un lieu de représentations et d’expressions, un lieu démocratique par excellence. En effet, l’intervention artistique dans l’urbanisme culturel ne vise pas à invisibiliser ou pacifier les conflits, mais plutôt à leur offrir un espace d’expression afin de trouver des convergences.

Elle prend en compte l’émotionnel, l’expérience vécue des individus, les mémoires collectives, l’expression des colères de certains et l’acceptation de la souffrance des autres. L’art permet de remettre en question les certitudes de chacun en acceptant la parole (parfois profane, non formatée) de l’autre et de s’ouvrir aux histoires, individuelles ou collectives, des autres. Il s’agit de replacer la politique, au sens de la gestion de la cité, au cœur d’une scène partagée par tous.

Cette construction collective de la cité, le dispositif « La folle tentative d’Aubervilliers », initié par la compagnie Les Souffleurs en 2009 [4], accompagne la création d’espaces de parole libre à travers la poétisation d’Aubervilliers. Ces espaces de paroles sont ouverts tant lors de temps visibles, comme Les Conseils Municipaux EXTRAordinaires, que par des moyens plus discrets mais néanmoins essentiels de poésie dans la ville lors de balades ou de projets photographiques menés par la compagnie, en résidence permanente.

Donner sa juste place au paysage dans la construction urbaine et territoriale

L’art et sa capacité à intégrer ou réintégrer un élément du paysage dans le quotidien des habitants, à faire de cet élément un indissociable du reste du territoire et à constituer un récit commun autour de cet élément pour embarquer le territoire dans une réflexion écologique est également à souligner. Le collectif des Gammares [5] s’est ainsi constitué en 2009 pour prendre soin du ruisseau Caravelle-Aygalades. Dans le cadre des opérations urbaines menées notamment par Euroméditerranée, l’implication forte du collectif dans les années 2010 a permis le maintien de la présence d’intérêts écologiques et sociaux autour de cette rivière dans le contexte de réécriture d’un récit territorial mené via le projet urbain marseillais. L’urbanisme culturel, par son caractère expérimental, participe ainsi à créer des hétérotopies ; des lieux d’utopie au sein même de la ville, où de nouvelles formes de sociabilité, de nouvelles pratiques artistiques et culturelles, de nouvelles manières d’habiter et de vivre ensemble, de nouveaux outils et modes de faire peuvent être inventés et testés. Ces hétérotopies sont des espaces de rupture, des utopies concrètes où l’imagination et la créativité libèrent la possibilité de construire des alternatives à l’ordinaire de l’aménagement et de l’urbanisme, au moment même où ceux-ci, heurtés par le changement global et convoqués par le rendez-vous anthropocène doivent se réinventer. En interrogeant notre rapport au monde et décalant nos vues, l’urbanisme culturel conduit à considérer les éléments humains et non humains comme parties intégrantes d’un écosystème dont il convient de trouver et préserver l’harmonie afin de mettre en œuvre les réorientations écologiques des territoires qui s’imposent à nous. Dès lors que les processus de projets permettent l’implication d’artistes au cœur même des démarches et non simplement au temps de la célébration d’une transformation, faire de l’urbanisme culturel, c’est créer des villes capables de faire face aux crises, de s’adapter et de se transformer de manière créative. Les artistes et les acteurs culturels jouent un rôle clé dans cette transformation en stimulant l’imaginaire collectif, en favorisant la participation citoyenne, en revitalisant les espaces publics, en promouvant la diversité culturelle et en renforçant le lien social.


Une mise en pratique de l’urbanisme culturel : l’exemple de Chalmazel-Jeansagnière

Dans le cadre de la 44ème rencontre nationale des agences d’urbanisme qui se déroulera les 15, 16 et 17 novembre 2023 à Clermont-Ferrand sur le thème « No cultures no futures ! Pas de transition écologique sans recomposition culturelle des territoires », les quatre agences d’urbanisme de la Région Auvergne Rhône-Alpes s’associent tout au long de l’année pour aborder les liens entre culture et urbanisme selon des prismes divers.

Faisant suite à la première rencontre lyonnaise traitant de la santé culturelle, l’agence d’urbanisme de Saint-Etienne (epures) a proposé, le 13 juin dernier, une rencontre à Chalmazel-Jeansagnière. Le village, accompagné par Loire-Forez Agglomération, a initié en 2019 une démarche de redynamisation de son centre-bourg pour gagner en attractivité. Afin d’améliorer la décision collective et l’efficience du projet, cette démarche a été accompagnée par plusieurs collectifs artistiques. Le collectif Virage, composé d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes, a ainsi résidé dans la commune en septembre 2019. Cette résidence a pris place dans deux espaces de vie afin de recueillir les attentes de la population : la bibliothèque et lors de la fête patronale. La compagnie artistique HVDZ s’est ensuite installée dans le territoire afin de récolter les témoignages des habitants en allant à leur rencontre. Ce travail a fait l’objet d’une restitution sous forme de film-spectacle le 4 octobre à laquelle la moitié des habitants ont répondu présents.

Une visite du bourg sillonnant entre les chantiers en cours, des échanges d’expérience lors d’une table-ronde et d’un atelier animés par epures ainsi qu’un exercice de projection proposé par le collectif Carton Plein pour imaginer la transformation de l’ancien collège de la commune ont permis d’explorer la question de l’art comme moyen d’aide à la décision publique dans un projet urbain.

Le prochain rendez-vous de cette série régionale aura lieu le 27 septembre 2023 à Clermont-Ferrand et traitera du sujet suivant : « Culture de l’aménagement des territoires : hier l’attractivité, et demain ? ».

Menhir du mont Lozère © S.Cordobes

Réorientation écologique des territoires : quelles places et responsabilités des acteurs culturels ? Une enquête prospective de l’AUCM

L’AUCM a engagé dans son programme de travail partenarial 2023-2024 une enquête prospective visant à interroger la place des politiques culturelles, et plus généralement des acteurs du secteur culturel, dans la réorientation écologique des territoires. Un premier volet, des entretiens prospectifs, doit permettre d’écouter ceux qui sont déjà engagés sur ces enjeux à l’échelle du Massif central, complété par les analyses d’experts nationaux. Un second volet associera au sein d’un groupe de travail, une vingtaine d’acteurs locaux, porteurs de projets artistiques, d’actions culturelles, responsables de structures, en charge ou experts des politiques culturelles pour imaginer avec eux les scénarios d’évolution possible de leurs activités permettant de faire face au défi du changement global et de la bifurcation. Cette enquête devra courant 2024 au travers d’un troisième volet permettre d’interroger les politiques culturelles mises en œuvre par les adhérents de l’Agence, tester en situation les scénarios qui auront été produits et de préciser les enjeux spécifiques que chaque territoire aura à relever, non seulement pour adapter son activité à la nouvelle donne et la maintenir malgré les contraintes émergentes, mais surtout pour qu’elle constitue un levier à part entière aux transitions encore à mettre en œuvre.

Culture et réorientation écologique des territoires : un rapprochement de raison

Les politiques culturelles et artistiques ont longtemps été épargnées par le rendez-vous anthropocène. C’est incontestablement la Covid, puis la guerre en Ukraine et l’explosion des prix de l’énergie qui ont précipité la prise de conscience de la vulnérabilité des institutions et pratiques concernées : musées qui réduisent leurs heures d’ouverture pour économiser l’énergie, voire qui ferment faute de possibilité de fréquentation publique, festivals d’été et salles d’expositions qui s’inquiètent des pics de chaleurs, grandes institutions et événements populaires qui ne peuvent plus ignorer les coûts carbone de leurs activités liés aux déplacements importants de ceux qui les fréquentent. Les politiques culturelles ne vont pas pouvoir faire l’économie de la vaste réflexion maintenant entamée pour réduire drastiquement leur empreinte écologique, en particulier leur émission carbone, mais également leur impact sur les écosystèmes, leur consommation de ressources… Elles vont devoir s’adapter, gagner en sobriété et tenir compte des vulnérabilités accrues par le changement global afin de poursuivre leurs missions. Cette nécessité vaut d’autant plus que les politiques culturelles pourraient être amenées à jouer un rôle central dans la réorientation écologique elle-même : si l’on admet que celle-ci ne relève pas que de transitions techniques et normatives, mais au contraire nécessite un changement de rapport à nos milieux de vie, on voit mal comment échapper à une profonde acculturation : la réorientation écologique est fondamentalement une question culturelle et éducative qui pourrait donner aux institutions culturelles un nouveau rôle, et aux politiques dédiés, une mission fondamentale dans les prochaines années. Où mieux que dans ces lieux avec ces compétences et ressources, produire de nouveaux imaginaires, construire de nouveaux récits, transmettre les savoirs indispensables, révéler de nouveaux attachements, autrement dit produire la part symbolique et sensible indispensable à la réorientation écologique, les liens essentiels à des fabriques territoriales plongées dans le tumulte anthropocène.

Volet 1 : écouter ce que les acteurs culturels du Massif central – artistes, institutions, experts – ont à nous dire de la réorientation écologique des territoires

Le premier volet de l’enquête prospective mise en œuvre par l’Agence consiste à se rapprocher des artistes, institutions et opérateurs culturels, spécialistes de l’art, de l’esthétique, de la culture à minima sensibilisés à la réorientation écologique, mieux engagés dans celle-ci pour comprendre comment à l’échelle du Massif central ce public se prépare : il s’agit d’écouter les postures, les pratiques, les envies, d’analyser et de comprendre la position de ces acteurs à l’égard des enjeux écologiques. Assiste-t-on à un repositionnement des productions artistiques au bénéfice d’un art écologique, dédié à la mise en visibilité des vulnérabilités, à la promotion d’un nouveau rapport au vivant, à la production de nouvelles représentations, émotions, relations au sein des territoires de vie, à la promotion de logique d’attention et de soin aux environnements dont nous dépendons ? Les lieux culturels adaptent-ils leurs pratiques, leurs locaux, les modalités d’accueil, leur programmation, leur politique d’actions culturelles et de médiation, d’éducation publique et populaire, d’ancrage local ? Les collectivités s’inscrivent-elles dans un passage en revue de leurs politiques ? Comment ? Avec quels objectifs, renouvellement de leurs missions ? La réorientation écologique va-t-elle conduire à un réagencement du champ artistico-culturel ? Autant de questions que l’enquête doit aborder. Celle-ci très exploratoire ne cherche pas à être représentative et dresser un état des lieux du secteur, mais au contraire à détecter les signaux faibles et faits porteurs d’avenir qui esquissent sa transformation et permettent d’envisager concrètement, en situation, ce que l’art et la culture peuvent faire pour contribuer à la réorientation écologique des territoires. Les entretiens réalisés vont donner lieu à une diffusion in itinere dans la revue de l’Agence pour rendre compte et témoigner des pratiques actuelles et animer le débat public avant de nourrir un rapport de synthèse.

Volet 2 : élaborer des scénarios de réorientation écologique des politiques culturelles territoriales

Le deuxième volet de l’enquête prospective vise à imaginer, toujours de manière exploratoire, des scénarios d’évolution des politiques culturelles pour qu’elles s’inscrivent dans la réorientation écologique des territoires. Le protocole de travail repose ici sur la constitution d’un groupe d’experts des politiques et des actions culturelles locales qui sera mis en situation de production prospective. Quatre séminaires d’une demi-journée permettront de poser les problèmes qui se posent, d’esquisser des horizons souhaitables à 2050, de consolider des hypothèses prospectives par élaboration de trajectoires possibles, d’élaborer des scénarios et de qualifier les enjeux à relever par et pour les politiques concernées. Ils seront complétés par une consolidation, une documentation et du design en back-office. Ce travail se tiendra à l’automne 2023. Il donnera lieu à une publication et des débats publics début 2024. Il doit aussi permettre d’élaborer un kit d’activation territoriale – l’outil indispensable pour rendre la prospective concrète et opérationnelle – qui sera déployé dans les territoires volontaires, à partir de 2024. 

Volet 3 : activer la réorientation écologique culturelle dans les territoires 

En 2024, le kit d’activation de la réorientation écologique culturelle sera déployé avec les partenaires volontaires de l’Agence d’urbanisme au plus près des acteurs et territoires concernés. Plusieurs objectifs à ce troisième volet : pour l’Agence, déployer conformément à son repositionnement stratégique la prospective dans les territoires pour accompagner ses adhérents dans leur réorientation écologique ; tester sur le terrain les hypothèses prospectives issues du groupe d’experts pour affiner les réflexions et surtout, dans la logique pragmatiste qui est la nôtre, en l’éprouvant avec ceux qui agissent pour les consolider ; pour les collectivités et acteurs territoriaux, il s’agira d’entreprendre un travail de sensibilisation à la réorientation écologique et à la place que peuvent y tenir les politiques culturelles ; plus stratégiquement, il s’agira également de tester les politiques et actions culturelles mises en œuvre localement à l’aune des enjeux et des scénarios prospectifs proposés pour, le cas échéant, initier une réflexion visant à reconsidérer les stratégies à mettre en œuvre à moyen terme. Certains partenaires visent par exemple à se lancer dans l’élaboration de projet culturel territorial.

Chaque volet de l’enquête prospective suppose la participation d’un large éventail d’acteurs issus des milieux culturels, scientifiques, publics et politiques. C’est une condition de réussite de cette « coopérative prospective » que l’agence met en place en même temps que sa raison d’être : constituer un public, acculturer, mettre en mouvement, relever les enjeux qui engagent l’avenir des territoires, traduire la réorientation écologique en politiques, stratégies et actions concrètes. Si vous êtes intéressés ou simplement curieux, si vous souhaitez obtenir davantage d’informations sur l’un ou l’autre des protocoles présentés, ou si cette enquête fait directement échos à vos préoccupations et besoins et que vous souhaitez y participer, n’hésitez pas à nous contacter !

Conférence/Débat – “Nos territoires à l’épreuve de l’anthropocène, à partir du cas de Saint-Pierre-et-Miquelon” – 17 Novembre – 18h

« Nos territoires à l’épreuve de l’anthropocène, à partir du cas de Saint-Pierre-et-Miquelon»
JEUDI 17 NOVEMBRE À 18H00 À L’IADT – 51 Bd F. Mitterand 63000 CLERMONT-FERRAND

Les preuves du changement global s’accumulent. Ils ne relèvent plus d’hypothèses abstraites mais s’éprouvent concrètement dans nos territoires, comme ce fut le cas avec la chaleur, la sécheresse et les méga-feux en France cet été. Nous entrons dans un Nouveau Monde, dit « anthropocène » où l’accroissement de la vulnérabilité de nos espaces de vie va de pair avec leur nécessaire adaptation.
Certains, comme Saint-Pierre-et-Miquelon, sont plus exposé que d’autres et peuvent avoir valeur éducative : ils montrent que l’enjeu à relever n’est pas seulement technique, scientifique, social, mais aussi culturel et sensible.

Une conférence de Stéphane Cordobes,
Directeur Général de l’Agence d’Urbanisme Clermont Massif central (AUCM)

Suivi d’un débat avec la participation de :
Gregory Bernard, Conseiller métropolitain délégué, Président de l’AUCM
Laurent Rieutort, Professeur des Universités et Directeur de l’IADT
Emmanuel Hermange, Directeur de l’ESACM
Serge Lhermitte, Photographe, Professeur à l’ESACM

Animation : Rosalie Lakatos, Chargée d’études Urbanisme culturel à l’AUCM

L’exposition photographique « L’exotisme anthropocène de Saint-Pierre-et-Miquelon » sur laquelle s’appuie cette conférence est visible dans les mêmes locaux .

Cet événement s’inscrit dans le cadre du programme de prospective «Territoires, Culture et redirection écologique» mis en œuvre par l’Agence d’urbanisme en partenariat avec l’Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT), l’Ecole Supérieure d’Art de Clermont Métropole (ESACM) et Clermont-Massif Central 2028.