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Un atlas pour mieux connaitre les quartiers politiques de la ville de la Métropole

La politique de la ville, inscrite dans les Contrats Engagement Quartiers 2030 des collectivités, vise notamment à réduire les écarts de développement entre les quartiers prioritaires et leur unité urbaine et à permettre aux quartiers de sortir de la situation de décrochage socio-économique. Une connaissance fine de la situation est donc nécessaire au bon calibrage des actions mises en place et au suivi des politiques publiques menées. Pour accompagner ses territoires adhérents porteurs de contrat de ville, l’AUCM a produit des atlas et portraits de quartiers. Sur le territoire de la métropole clermontoise, les livrables produits ont identifié un niveau de fragilité élevée sur la commune de Clermont-Ferrand, une situation très contrastée au sein de la commune de Cournon d’Auvergne, des fragilités sur les communes d’Aulnat et de Gerzat, qui comprennent notamment des Quartiers de veille active (QVA), mais également dans d’autres communes non concernées par la géographie prioritaire (Lempdes, Cébazat, ainsi que le nord de Beaumont et le nord de Romagnat). L’intérêt de ces outils de connaissance est également d’identifier les enjeux spécifiques à chaque quartier prioritaire, laissant entrevoir un besoin de différenciation de l’action publique menée.

Des outils pour accompagner le suivi des contrats de ville

L’AUCM a accompagné en 2025 les collectivités et partenaires du contrat de ville dans la définition du contenu et du format d’un socle d’indicateurs. Le choix a été fait de réaliser un atlas et des portraits de quartiers permettant de dresser un état des lieux de la situation dans les territoires de la géographie prioritaire, et de la comparer à la situation dans le reste du territoire. Produits grâce au conventionnement avec les partenaires fournisseurs de données (CAF, Rectorat, France Travail…), ces documents sont déclinés sur les territoires membres de l’Agence et porteurs de contrats de ville : Clermont Auvergne Métropole, Thiers Dore et Montagne, Vichy Communauté.

Les atlas (Panorama social), donnent à voir la situation sociale du territoire à travers une trentaine d’indicateurs choisis en cohérence avec les axes du contrat de ville et répartis en quatre grandes thématiques (démographie, cohésion sociale, développement économique et emploi, cadre de vie). Les choix méthodologiques de construction de l’atlas permettent de visualiser les fragilités des territoires à une échelle infra-communale et de mettre en perspective la situation des quartiers de la géographie prioritaire avec leur environnement proche. Ces atlas mettent également en évidence les espaces de fragilité qui ne font pas partie de la géographie prioritaire mais nécessitent tout de même une attention particulière.

En complément des portraits statistiques des quartiers précisent la valeur des indicateurs à l’échelle de chaque QPV. Ils dressent un état des lieux de la situation dans chaque quartier de la géographie prioritaire et la mette en perspective avec les territoires de référence (commune et EPCI). Ils intègrent également une carte de localisation des équipements, commerces et services et un texte d’analyse synthétique des atouts et fragilités du quartier.

La mise à jour de ces documents au fil de la durée du contrat de ville (2024-2030) permettra d’identifier les dynamiques de rattrapage ou de décrochage de certains quartiers.

Des difficultés inégalement réparties au sein du territoire métropolitain

Clermont-Ferrand se distingue fortement par son profil démographique (part importante de jeunes et de personnes seules) et un niveau de fragilité élevé (taux de pauvreté, précarité énergétique, …). La situation sociale est très contrastée sur la commune de Cournon d’Auvergne avec un QPV qui se distingue du reste de la commune sur de nombreux indicateurs. Le panorama social met également en évidence des fragilités économiques et sociales sur Aulnat et Gerzat et sur quelques communes hors géographie prioritaire : Lempdes, Cébazat, ainsi que le nord de Beaumont et le nord de Romagnat (pour ces deux communes les secteurs de fragilité correspondent aux secteurs où la part de logements sociaux est élevée). La commune d’Aubière ressort également sur quelques indicateurs, potentiellement en raison de la présence d’étudiants.

Le travail conduit dans le cadre du volet santé de la révision de la Feuille de route de transition écologique et solidaire de Clermont Auvergne Métropole fait ressortir ces mêmes territoires comme des territoires cumulant exposition aux facteurs de risque environnementaux et vulnérabilité de la population.

Adapter les politiques publiques aux enjeux de chaque quartier

Si les travaux de transformation des espaces publics et de diversification de l’habitat, conduits dans le cadre du programme national de renouvellement urbain, remodèlent ces quartiers, la photographie dressée dans le cadre des portraits laisse entrevoir des enjeux prioritaires différents selon les quartiers qui invitent à adapter l’action publique menée à chaque situation :

  • Fontaine du Bac est un quartier presque exclusivement résidentiel, composé uniquement de logements sociaux et très peu doté en équipements, commerces et services. L’indice de position sociale des collégiens est le plus faible du territoire et le quartier compte une part d’entreprises de livraison à domicile significativement plus élevée que sur le reste du territoire.
  • La Gauthière est le QPV comptant le taux de pauvreté et le nombre et la part d’allocataires du RSA de droit commun les plus élevés. Le taux d’emploi des femmes est particulièrement faible et la part de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans est élevée.
  • Les Quartiers Nord, QPV le plus peuplé de la métropole, présente de forts enjeux sur l’emploi : très faible taux d’emploi, notamment chez les femmes, forte part de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans et de longue durée.
  • A Saint Jacques, la part d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté est plus importante que dans les autres quartiers et la part d’allocataires du RSA de droit commun est importante. Les taux de personnes seules et de personnes âgées sont plus importants que dans les autres QPV, dans ce quartier bien doté en équipements et services mais avec peu de commerces.
  • Le quartier Centre, ayant intégré la géographie prioritaire en 2024, se distingue par une part importante de jeunes et de personnes vivant seule. Il présente des indicateurs de ressources et d’insertion professionnelle plus favorables que dans les autres QPV mais qui restent en décrochage par rapport au territoire communale et métropolitain, et un très faible taux de réussite au brevet, notamment pour les garçons.
  • Le QPV de Cournon présente un taux très élevé de familles monoparentales. Les niveaux d’emploi et de pauvreté sont plus favorables que dans les autres QPV mais en décrochage par rapport au reste de la commune et le taux d’allocataires du RSA de droit commun est particulièrement élevé. Il existe sur ce quartier un enjeu fort d’insertion professionnelle des jeunes hommes.

Concernant les quartiers de veille active, les communes d’Aulnat et Gerzat présentent toutes les deux une population assez âgée avec peu de 15-24 ans et un taux élevé d’habitants de plus de 75 ans, ainsi qu’une part élevée de familles monoparentales. Dans ces deux communes, le niveau de revenu figure parmi les plus faibles du territoire et le taux de pauvreté est élevé. Le taux d’emploi est favorable, y compris pour les femmes, mais porté par une part d’emploi précaire importante. La commune de Gerzat présente des fragilités spécifiques avec un fort taux de 16-25 ans non scolarisés et sans emploi, notamment pour les filles (supérieur à 20% sur une large part de la commune), un taux élevé d’allocataires du RSA de droit commun et un fort taux de pauvreté parmi les enfants allocataires CAF.

Le Plan de Mobilité Simplifié de Vichy Communauté : un nouveau cap pour les mobilités

Le 12 décembre 2024, Vichy Communauté a adopté son Plan de Mobilité Simplifié (PdMS), qui vise à définir pour les dix prochaines années les orientations en termes de mobilité.

Vichy Communauté s’étend sur un vaste territoire – 39 communes – regroupant près de 85 000 habitants. Ce territoire est composé d’un cœur urbain autour de Vichy, de 3 pôles d’équilibre (Le Mayet-de-Montagne, Saint-Germain-des-Fossés et Saint-Yorre) et de villages situés en zones périurbaine ou rurale.  La communauté d’agglomération couvre la quasi-totalité de l’aire d’attraction de Vichy, telle que définie par l’INSEE au regard de l’intensité des relations domicile-travail. Dans sa partie Est, un certain nombre de petites communes se situent en zone rurale. Les réponses travaillées dans le cadre du PdMS ont donc dû couvrir une extrême diversité de situations : mobilités urbaines au sein d’une ville densément peuplée (Vichy), mobilité d’échanges entre un pôle urbain d’une ville moyenne et sa périphérie et mobilités en zone peu dense de moyenne montagne.

Le PdMS, outil de planification des mobilités pour les villes moyennes et les territoires ruraux

Dès les années 1980, les grandes agglomérations (plus de 100 000 habitants) se sont dotées de Plan de Déplacements Urbains (PDU) qui visaient à l’organisation du transport des personnes et des marchandises, ainsi que de la circulation et du stationnement. Au fil du temps, ces documents ont participé à la transformation des systèmes de mobilités des grandes agglomérations qui se sont dotées de divers services de mobilité : tramway, bus, parking relais, itinéraires cyclables structurants, ….

Pour les territoires de plus petite taille, plusieurs options étaient possibles : élaborer un PDU volontaire (avec pour corollaire le respect du cadre réglementaire), réaliser un plan s’inspirant des orientations des PDU – désigné sous le vocable de Plan Global de Déplacements – ou encore élaborer un plan de mobilité rurale, selon la définition de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (2015).

La loi d’orientation des mobilités (2019) a redéfini les outils juridiques visant à la mise en œuvre d’une politique de mobilité locale en distinguant, d’une part, le plan de mobilité obligatoire pour les grandes agglomérations (ex PDU) et d’autre part, le plan de mobilité simplifié (PdMS), qui est une démarche volontaire, à destination des villes moyennes et des territoires ruraux. Ce document dispose d’un cadre juridique simplifié permettant une plus grande souplesse dans sa déclinaison et une adaptabilité aux enjeux de chaque territoire.

A l’échelle d’une autorité organisatrice des mobilités (qui correspond en général au périmètre d’une agglomération), le PdMS vise à traiter de l’ensemble des mobilités, en prenant en compte les différentes composantes du territoire et en visant à faciliter la mobilité de tous les publics. Ce plan est élaboré dans le cadre d’un dialogue interacteurs incluant notamment l’Etat, la Région, les communes ou encore les territoires voisins avec lesquels des liens fréquents sont entretenus.

Une démarche partenariale pour répondre à de multiples défis

Suite au projet d’agglomération « Agir 2035 », Vichy Communauté souhaitait à la fois accroitre son attractivité territoriale, garantir une meilleure qualité de vie pour tous, lutter contre le changement climatique et reconquérir les bourgs : autant d’enjeux qui rendent nécessaire un questionnement approfondi des mobilités. Le PdMS de Vichy Communauté doit ainsi contribuer à transformer un système de mobilité qui repose actuellement, de façon trop importante, sur le modèle du « tout voiture ». Il s’agit de proposer un nouveau modèle qui permette de répondre à différents défis : accessibilité pour tous les publics, pollution, sécurité, santé ou atténuation du changement climatique.

Vichy Communauté a souhaité confier la réalisation du PdMS à l’Agence d’Urbanisme Clermont Massif central (AUCM). Pour mener à bien ce projet qui dépasse les seules compétences d’une agglomération, Vichy Communauté et l’AUCM ont constitué un comité des partenaires associant des élus communautaires, représentants la diversité des territoires (cœur urbain, pôles d’équilibre, pôles de proximité), et des techniciens de Vichy Communauté, de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de la Direction Départementale des Territoires (DDT).

L’élaboration de ce plan est passé par quatre étapes :  l’élaboration du diagnostic, incluant une consultation des habitants via un questionnaire, la définition et le partages des enjeux, l’élaboration du programme d’actions, puis la réalisation du rapport.

Vers des solutions de mobilité adaptées et décarbonées pour chaque habitant et chaque territoire

Le comité des partenaires a défini une ambition générale autour du développement de solutions de mobilité adaptées et décarbonées pour chaque habitant et chaque territoire.

La décarbonation des mobilités passe notamment par des conditions plus favorables à l’usage des modes actifs : développement de la pratique du vélo, plus grande place aux piétons, aménagement des zones à faible vitesse. D’autres actions visent à favoriser le verdissement des parcs de véhicules routiers (renouvellement du parc d’autobus de la collectivité, déploiement de bornes de recharge, …) et à promouvoir de nouveaux usages comme le covoiturage. Cela nécessite d’accompagner les changements de comportements, notamment dans le cadre de Plan de Mobilité des entreprises et d’assurer une plus grande coordination entre les actions des différents partenaires en charge des mobilités.

L’agglomération est attentive à maintenir un équilibre territorial, en menant des projets de mobilité pour l’ensemble des espaces quels que soit leur type. Au sein de Vichy Communauté, il s’agit notamment d’améliorer les transports collectifs (bus et transport à la demande), tout en veillant aux équilibres budgétaires. Dans ce cadre, des optimisations sont à rechercher avec les transports interurbains (car et train), tout en proposant un tarif unique, quel que soit le mode utilisé dans le territoire de l’agglomération. En outre, le renforcement des connexions avec les métropoles voisines est également attendu : un accès facilité à Clermont-Ferrand dans le cadre du futur Service Express Régional Métropolitain (SERM) et des liaisons ferroviaires plus performantes avec Paris et Lyon.

Vichy Communauté souhaitait également mettre l’accent sur le volet solidaire des mobilités. Dans un territoire diffus – en dehors du pôle urbain de Vichy, Cusset, Bellerive – il apparait nécessaire de repenser les services pour répondre aux difficultés de mobilité des séniors, des jeunes et des personnes en situation de précarité économique. Le développement de services « allant vers le domicile » (commerces et services ambulants) ou encore la mise en accessibilité de l’espace public doit bénéficier aux séniors. Le développement d’une autonomie de mobilité par l’usage du vélo (programme d’action ciblant notamment l’apprentissage du vélo à l’école) et des services de transports publics constituent un levier pour les jeunes. Enfin, le développement d’un maillage en « stations mobilité » permettant d’emprunter voiture, voiture sans permis ou vélo ou encore l’instauration d’un transport d’utilité sociale (transport sans but lucratif porté par une association aidant les personnes les plus empêchées en termes de mobilité) visent à apporter des réponses aux publics généralement exclus des mobilités.

Le pari de Vichy Communauté en matière de mobilités reste néanmoins réaliste. La voiture continuera à jouer un rôle notamment pour les déplacements entre communes périphériques ou encore pour les déplacements sur certaines plages horaires. Néanmoins, il s’agit d’aider les habitants, les acteurs économiques, les touristes à réduire leur dépendance à la voiture. Cela ouvre le champ à de nouveaux modèles de mobilité, notamment pour les déplacements au sein des zones périurbaines et rurales. Il s’agira en particulier d’impulser des changements de comportement par rapport à l’usage de la marche ou du vélo au sein de chaque village (rendre agréable et sécure l’usage de ces modes pour se déplacer au sein d’un bourg), d’apporter de nouvelles solutions de mobilité au travers d’un service d’autopartage (maillage du territoire par des « stations mobilité ») ou encore de développer des solutions pour les personnes peu mobiles au travers du transport à la demande et du transport d’utilité sociale. Au-delà de l’évolution des services de mobilité, ce changement dans les pratiques de déplacements dépend des transformations dans la conception des quartiers. Les projets du quartier du Lac à Vichy ou le programme « Petites Villes de Demain » à Saint-Germain-des-Fossés visent à mieux articuler le lien urbanisme / déplacements en proposant une conception plus propice à la proximité entre habitat et service du quotidien d’une part et un accès facile à la mobilité ferroviaire d’autre part.

Loger les étudiants ou comment favoriser l’accès à l’autonomie et la réussite scolaire par le développement d’une offre dédiée abordable

Avec 2,93 millions d’inscriptions enregistrées dans l’enseignement supérieur à la rentrée 2022-2023 [1] en France, le nombre d’étudiants n’a jamais été aussi élevé et ne cesse de croître (+9.1 % sur les cinq dernières années). Cet accroissement de la population estudiantine s’accompagne d’un allongement de la durée d’études (le taux de scolarisation à 23 ans est passé de 24,7 % en 2010 à 31,4 % en 2021 [2]) et d’une plus grande mobilité géographique des néo-bacheliers entrant dans l’enseignement supérieur depuis la mise en place de Parcoursup (23 % des étudiants de 2021 quittent  leur académie d’origine pour faire leurs études supérieures contre 18 % en 2010 [3]). Dans ce contexte, la question des conditions de logement des étudiants devient un sujet dont s’emparent de plus en plus de territoires notamment s’ils souhaitent attirer des étudiants et développer leur offre de formation. Avec 3 087 étudiants inscrits à la rentrée 2023-2024 et une croissance des effectifs de +11 % en trois ans, Vichy Communauté est un pôle d’enseignement supérieur de l’Académie de Clermont-Ferrand en développement. De nouvelles offres de formations sont en projet et l’objectif des 4 000 étudiants en 2035 affiché dans le projet d’agglomération incite la collectivité à souhaiter aujourd’hui l’implantation d’une résidence CROUS sur son territoire. Afin d’objectiver le besoin en logement de ses étudiants et d’éclairer l’opportunité de la création d’une résidence étudiante CROUS sur son territoire, Vichy Communauté a confié la réalisation d’une étude de marché pour une résidence universitaire CROUS à l’Agence d’Urbanisme Clermont Massif central.

Le logement étudiant : entre contraintes financières et enjeu d’accès à l’autonomie

L’entrée en  études supérieures constitue un moment clé dans la vie des jeunes, marqué pour les deux tiers des étudiants par l’accession à leur premier logement en dehors du domicile parental. Cet accès à l’autonomie résidentielle constitue le démarrage de leur parcours résidentiel et parfois le début des difficultés. La décohabitation du domicile parental peut s’avérer en effet compliquée pour certains étudiants qui peinent à trouver leur logement et à le financer tout au long de leurs études. En France, le logement représente le principal poste de dépenses des étudiants avec en moyenne 528 €/mois qui y sont consacrés [4].

Les ressources des étudiants, de l’ordre de 1 129 €/mois en moyenne à l’échelle nationale, reposent sur les aides familiales (41 %), les revenus d’activités (27 %) et les aides publiques (bourses, allocations logement ou familiales, 25 %). L’autonomie des étudiants est ainsi relative car même s’ils accèdent à leur propre logement, ils restent, selon leurs milieu d’origine, dans une situation de semi-dépendance vis-à-vis de leur famille ou des aides publiques et sont parfois contraints de travailler en parallèle de leurs études avec le risque d’impacter leur réussite scolaire. Pour les plus précaires, l’autonomie résidentielle se paye aussi au prix d’économie sur la nourriture ou le renoncement aux soins. 35 % des étudiants vichyssois bénéficient d’une aide au logement de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) et 24 % d’une bourse du CROUS. 8 % des étudiants bénéficient de ces deux aides.

Avec 62 % des étudiants décohabitants, l’accession à un logement autonome est un enjeu pour les étudiants du pôle vichyssois. Selon les filières, l’origine géographique des étudiants est locale (ex : 79 % des étudiants inscrits en première année à l’UFR STAPS sont originaires de l’Académie de Clermont-Ferrand) ou nationale pour les filières plus spécialisées ou rares (ex : 11 % des étudiants de l’ISRP sont originaires de l’Académie de Clermont-Ferrand) avec un impact sur la  décohabitation puisqu’elle sera moins nécessaire si le domicile parental est proche du lieu d’études. Au regard du rythme des formations proposées à Vichy Communauté plus de 70 % des étudiants vichyssois ont besoin d’un logement de septembre à juin, soit pour l’ensemble de l’année universitaire et non pas pour une année complète.

Des étudiants locataires du parc privé, à proximité de leurs lieux d’études

A l’échelle nationale, l’offre publique de logements dédiée aux étudiants est la plus abordable financièrement mais reste limitée. Les 173 000 logements [5] des résidences universitaires du CROUS, permettent de loger environ 5,9 % des étudiants. Prioritairement attribués aux étudiants boursiers, ils présentent l’intérêt d’être abordables et incluent généralement les charges locatives, l’eau, l’électricité et l’accès à internet, permettant une meilleure maîtrise du budget pour les étudiants. De plus, ces résidences proposent majoritairement des logements de qualité, ayant fait l’objet d’une réhabilitation ou devant l’être prochainement ainsi que de nombreux services recherchés par les étudiants (laverie, local vélo, salle commune, conciergerie). Dans l’Académie de Clermont-Ferrand, la totalité des 3 995 logements des résidences du CROUS a fait l’objet d’une réhabilitation entre 2012 et 2021.

Mais cette offre dédiée étant limitée, les étudiants n’ont souvent d’autre choix que de se loger dans le parc locatif privé : 44 % des étudiants [6] à l’échelle nationale. Ce parc, de par son offre conséquente et la diversité de ses produits (T1 à louer seul ou T5 et + en colocation ; location vide ou meublée ; résidences services privées) est attrayant pour les étudiants mais tous ne peuvent se le payer. Leurs ressources limitées et l’exigence de gagner trois fois le montant du loyer et/ou d’avoir un garant restent des contraintes auxquelles se heurtent de nombreux étudiants, d’autant plus sur des produits chers car recherchés par tous :  logements de petites tailles (T1 ou T2) situés à proximité des établissements d’enseignement et des services. Par ailleurs, sur cette offre locative privée non réservée, les étudiants subissent la concurrence d’autres publics souvent préférés par les propriétaires-bailleurs car plus solvables et s’engageant pour des baux plus longs. Le cumul de ces difficultés poussent souvent les étudiants vers les logements moins décents du parc locatif privé.

A Vichy Communauté, 45 % des étudiants décohabitants, soit 1 249 étudiants, sont logés dans le  parc locatif privé, un logement loué vide pour 749 étudiants (27 %) ou meublé pour 500 étudiants (18 %). Avec, seulement 83 logements au sein de deux résidences gérées par le bailleur social Vichy Habitat, l’offre de logement dédiée abordable est actuellement limitée sur le territoire vichyssois. A cette offre peut s’ajouter un potentiel de 39 logements au sein des deux foyers jeunes travailleurs de la ville, pour autant bien qu’abordable, cette offre n’est pas exclusivement dédiée aux étudiants [7]. Du côté du parc locatif privé, 3 339 logements sont potentiellement adaptés pour des étudiants car composés d’une ou deux pièces et situés à Vichy [8] à proximité des établissements d’enseignement supérieur. Pour autant, bien que conséquente, cette offre est loin d’être bon marché et accessible financièrement pour tous les étudiants. Un appartement de type T1-T2 de 37 m² s’y loue 12,3 €/m² charges comprises en location vide [9], là où un logement au sein des résidences de Vichy Habitat se loue entre 9,3 €/m² à 11,2€/m² pour des logements semi-équipés et de 18,45 €/m² à 20,07 €/m² pour des logements meublés pour lesquels les frais sont inclus (électricité, eau chaude, chauffage et internet), ce qui n’est pas le cas au sein du parc locatif privé où il faut ajouter ces dépenses au montant du loyer.

Bien loger les étudiants est aujourd’hui une volonté partagée par de nombreux territoires car porteuse de réussites pour demain : capacité à attirer et implanter localement des forces vives formées, capacité à réguler et diversifier les marchés immobiliers, capacité à dynamiser des centres-villes… Proposer une offre de logements abordables et de qualité contribue à consolider l’autonomie des jeunes, à favoriser leur réussite scolaire et leur entrée dans la vie active. La proximité des lieux d’études, l’absence de difficulté pour le maintien dans le logement, ne pas être contraint d’avoir un job étudiant sont autant de facteurs de réussite, qu’une offre de logements abordables peut favoriser. Dans le cas de Vichy Communauté, l’implantation d’une résidence étudiante CROUS permettrait de répondre à ces besoins en logements des étudiants les plus modestes, besoins amenés à s’accroître avec la croissance à venir de l’effectif étudiant et où l’offre actuelle dédiée abordable ne permet déjà pas de loger l’ensemble de ce public.